Mange moi !

figurines éphémères, pains magiques et autres jouets comestibles

Modeler la pâte à pain, transformer cet aliment vital en images, relève d’une pratique vieille comme le blé : sa panification fut au cœur des rites religieux des peuples européens des siècles avant le christianisme et produisit de nombreux pains figurant notamment le corps humain.Ils l’évoquent sur un mode réaliste ou métaphorique, d’un simple signe abstrait ou encore de façon fantasmagorique : femmes ailées, diables, hommes-serpents,..

Cuire une image en sucre relève d’une technique qui apparaît beaucoup plus tardivement, dans les premiers siècles de notre ère. Comme pour le pain, il s’agit d’une opération éminemment culturelle, et en partie mystérieuse.

S’agit-il d’incorporer la force, la douceur ou les qualités divines de celui ou celle que l’on a représenté, de soigner, d’avaler des signes identitaires, de faire disparaître des marqueurs de temps, ou même de cannibaliser l’imaginaire collectif ?

Très peu de ces images comestibles, par nature éphémères, ont été conservées. Ce domaine de l’Art reste méconnu. Cependant quelques moules anciens subsistent, et quelques rares grands-mères ici ou là dans le monde continuent – mais pour combien de temps ?- à offrir aux enfants ces figures archaïques qui pérennisent les traditions, les « amusent », leur fait plaisir en dépit ou grâce à une peur atavique sous-jacente, celle de manger ou d’être mangé.


Dans l’exposition, on peut voir plusieurs films de fabrications et de rituels dans différents pays européens. Par exemple celui-ci*


 

Photos Leonid Padrul, Christine Armengaud.

 

 

Images de différentes scénographies déjà réalisées, et de quelques pièces de la collection, y compris de moules, en 36 clics*